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Analyse de l'activité du footballeur de haut niveau PDF Imprimer Envoyer
  
Rapport entre la distance parcourue durant le temps de jeu total et le temps de jeu effectif

Le développement isolé ou commun des différents facteurs de la performance en football est un des objectifs prioritaires du staff technique et du staff médical. Différents moyens technologiques (notamment Amisco, méthode de tracking) permettent d’analyser et d’apprécier précisément l’activité d’un joueur de haut niveau durant un match.

Ces données sont utilisés dans la grande majorité des clubs afin d’orienter l’entraînement et d’individualiser les charges de travail. Les séances vont être spécifiques selon les postes occupés et selon les principes de jeu offensif et défensif demandé par le staff technique. Ces données sont généralement utilisées en rapport avec le temps de jeu total. Toutefois, notre étude a permis de mettre en évidence que l’analyse de l’activité du footballeur de haut niveau (ligue française) serait encore plus précise si nous nous référons au temps de jeu effectif. Le contenu et l’agencement des séances seraient plus efficaces.

Mots clés : Analyse de l’activité / Footballeur de haut niveau / Temps de jeu effectif / Orientation de l’entraînement / Séance spécifique




Introduction

« Le football est une activité qui ne cesse d’évoluer : vitesse, réduction des espaces, exigences techniques et physiques. L’évolution est profonde », Gérard Houiller (2007). L’analyse de l’impact physique et physiologique d’un match de haut niveau devient primordiale. Le staff souhaite recevoir des données précises selon les postes sur les distances totales parcourues aux différentes intensités, le nombre de sprint, la distance moyenne de sprint, le nombre de duel (gagné et perdu)… Différentes techniques d’analyses sont utilisés : manuelle (problème de fiabilité), analyse vidéo (chronofage) et le tracking passif (onéreuse).

De nombreuses études se sont intéressés à ces analyses qu’elles soient quantitatives (e.g. Barros et al, 2007) ou qualitatives (Rampinini et al, 2007). Les analyses au moyen de tracking passif (Amisco© ou Prozone©) sont de plus en plus poussée. Par exemple, ces analyses démontraient que la distance totale parcourue en 2ème mi-temps diminuait de 4 à 9% par rapport à celle effectué en 1ère mi-temps (Rienzi et al, 2000 ; Di Salvo et al, 2007). Toutefois, toutes ces analyses portent uniquement aux temps de jeu total et donc il ne prennent jamais en référence l’activité du joueur uniquement durant le temps de jeu effectif.

 

Matériels et méthodes

L’ensemble des joueurs d’une équipe de Ligue 1 (25,8 ± 3,6 ans) ont été suivit lors de 2 matchs officiels de Ligue 1 dans deux systèmes différents (4-4-2 et 3-5-1 évolutif en 4-3-3).

La distance totale parcourue durant le temps de jeu total et durant le temps de effectif ont été analysé au moyen d’un système de tracking passif (Amisco©, Nice). Cette technique utilise entre 6 à 8 capteurs placés au sein du stade et elle suit objectivement 25 fois par seconde la balle et les joueurs.

 

Résultats

L’analyse de la distance total parcourue d’une équipe évoluant en 4-4-2 démontre qu’entre 2611 et 3765m sont effectué lors des arrêts de jeu, soit entre 26,08% et 29,48% de la distance totale parcourue (Tableau 1). Quand cette même équipe évolue en 4-5-1 évolutif en 4-3-3, ces proportions restent les mêmes : entre 2585m et 3342m sont effectués durant les arrêts de jeu, soit de 24,87% à 30,08% de la distance totale parcourue (Tableau 1).

Tableau 1 : Distance totale parcourue en référence au temps de jeu effectif en système 4-4-2 et en système 4-3-3 / 4-5-1.

TEMPS DE JEU TOTAL 97 ' / TEMPS DE JEU EFFECTIF 58 '

DISTANCES PAROURUES PENDANT LES ARRÊTS DE JEU (m)

% DE LA DISTANCE PARCOURUE PENDANT LES ARRÊTS DE JEU / DISTANCE TOTAL

TEMPS DE JEU TOTAL 94 ' / TEMPS DE JEU EFFECTIF 54 '

DISTANCES PAROURUES PENDANT LES ARRÊTS DE JEU (m)

% DE LA DISTANCE PARCOURUE PENDANT LES ARRÊTS DE JEU / DISTANCE TOTAL

SYSTEME 4-3-3 évolutif en 4-5-1

SYSTEME 4-4-2 en losange

Poste

Temps de jeu total (min)

Distance parcourue durant le temps de jeu total (m)

Distance parcourue durant le temps de jeu effectif (m)

Poste

Temps de jeu total (min)

Distance parcourue durant le temps de jeu total (m)

Distance parcourue durant le temps de jeu effectif (m)

Gardien de but

97

4968

3347

1621

32,63

Gardien de but

94

5384

3654

1730

32,13

Défenseur axe 1

97

10270

7181

3089

30,08

Défenseur axe 1

94

10094

7239

2855

28,28

Défenseur axe 2

97

9808

6870

2938

29,96

Défenseur axe 2

94

9804

7193

2611

26,63

Défenseur latéral 1

97

9505

6875

2630

27,67

Défenseur latéral 1

94

10796

7613

3183

29,48

Défenseur latéral 2

97

11295

8242

3053

27,03

Défenseur latéral 2

94

10390

7528

2862

27,55

Milieu gauche

97

12522

9180

3342

26,69

Milieu 1

94

11855

8763

3092

26,08

Milieu droit

97

12129

9112

3017

24,87

Milieu 2

94

11276

8089

3187

28,26

Attaquant droit / milieu droit

97

9334

6749

2585

27,69

Attaquant 1

94

13014

9249

3765

28,93

Attaquant gauche / milieu gauche

97

12237

8949

3288

26,87

Attaquant 2 sorti en cours de jeu*

91

9837

6970

2867

29,15

 

 

 

 

 

 

* Joueur n'ayant pas effectué le match en entier

Discussion

L’analyse classique de l’activité du footballeur permet d’appréhender des données directement utilisables pour l’entraînement comme le préconise Di Salvo et al (2007). Toutefois, notre étude a bien démontré que l’orientation de l’entraînement devrait également se faire en relation avec les données issues du temps de jeu effectif. Le travail sera plus spécifique et plus précis car comme nous l’avons relaté, 24.87% à 30.08% de la distance totale parcourue en match l’ait durant les arrêts de jeu. Ces actions lors des arrêts de jeu peuvent être alors envisagé comme de la marche ou des courses de faible voir de moyenne intensités.

Les analyses qualitatives classiques de l’entraînement (e.g. Barros et al 2007) relatent que 3% de la distance totale parcourue est effectué sous forme de sprint. Or, l’analyse spécifique en rapport avec le temps de jeu effectif permet d’attribuer une proportion bien plus importante. Elle permet d’apprécier plus justement le sprint, comme une allure représentant 4,8% de la distance totale parcourue durant le temps de jeu effectif, soit une hausse de 60%.

L’analyse de l’activité du footballeur et l’orientation de l’entraînement qui en découle devra se faire en rapport aux temps de jeu effectif, sans négliger les courses effectués lors des arrêts de jeu dont leurs natures sont à définir.

 

Bibliographie

Di Salvo, V., Baron, R., Tschan, H., Calderon Montero, F.J., Bachl, N., Pigozzi, F. (2007). Performance characteristics according to playing position in elite soccer. Int J Sports Med, 28(3): 222-227

Barros, R.M.L., Misuta1, M.S., Menezes, R.P., Figueroa, P.J., Moura, F.A., Cunha, S.A., Anido, R., Leite, N.J. (2007). Analysis of the distances covered by first division brazilian soccer players obtained with an automatic tracking method. J Sports Sci, 6: 233-242

Rampinini, E., Coutts, A.J., Castagna, C., Sassi, R., Impellizzeri, F.M. (2007). Variation in Top Level Soccer Match Performance. Int J Sports Med, 28: 1018-1024

Rienzi, E., Drust, B., Reilly, T., Carter, J.E., Martin, A. (2000). Investigation of anthropometric and work-rate profiles of elite South American international soccer players. J Sports Med Phys Fitness, 40(2): 162-169

Houiller H. Interview France Football, 25 septembre 2007

 

GLOBUS Activa 600 Pro

Auteurs

Alexandre Dellal1,2, Karim Chamari2.
1 Laboratoire de psychobiologie du comportement moteur et des sports, Strasbourg.
2 Centre national de médecine sportive, El Menzah, Tunisie.

alexandredellal@gmail.com