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Lors de jeux réduits et d'exercices intermittents Le but de cette étude était de comparer les réponses cardiaques lors d’exercices intermittents courts et lors de jeux réduits chez le footballeur. 10 footballeurs de haut-niveau ont effectué plusieurs exercices intermittents (30-30, 15-15, 10-10, 5-20) et différents jeux réduits (1 vs. 1, 2 vs. 2, 4 vs. 4, 8 vs. 8 et des 10 vs. 10) au cours de leurs saisons.
Leurs fréquences cardiaques ont été relevées. Les réponses cardiaques lors de certains jeux réduits et de certains intermittents ne présentent aucune différence significative. L’homogénéité des réponses cardiaques est deux fois moindre lors des jeux réduits comparés aux intermittents. Les jeux réduits permettraient d’atteindre un niveau d’intensité de travail équivalent aux exercices intermittents courts mais avec un contrôle de l’activité réduit. Keywords : Exercice Intermittent de Haute Intensité / Entraînement Contrôlé / Jeux Réduits / Entraînement Physique Intégré / Réponses cardiaques
Introduction Les effets d’un entraînement en endurance au moyen d’exercices intermittents ont été démontrés chez le sportif de haut-niveau (e.g. Gaitanos & al, 1993) avec notamment une hausse de la VO2max et avec une apparition retardée de la fatigue comparativement à un exercice continu. Balsom & al (1993) relataient que cette méthode permettait de limiter la production d’acide lactique et d’augmenter la part d’utilisation des PCr au métabolisme énergétique à l’exercice. Les PCr et le glycogène musculaire sont décris comme les principaux substrats énergétiques lors d’exercices intermittents. Ces exercices sont intéressants car une capacité aérobie élevée permet aux footballeurs d’améliorer leurs performances grâce à une plus grande participation pendant le match par une hausse de la distance totale parcourue et de l’intensité de l’activité (Helgerud & al, 2001). Kirkendall (2001) avait décrit le football comme un ensemble de phases de jeu à 4 contre 4 ou moins, sur des espaces réduits. Or Hoff & al (2002) montraient qu’un entraînement spécifique à base de jeux réduits (5 vs. 5) permettait d’approcher des valeurs de FC équivalentes à celles obtenues lors d’exercices intermittents de courte durée. Une des principale différences entres ces 2 méthodes d’entraînements est la présence de la balle lors des jeux réduits et l’obligation de se déplacer par rapport aux adversaires. Le but de cette étude était de comparer les réponses cardiaques lors d’exercices à charges physiques contrôlés (exercices intermittents de courte durée) et lors d’exercices physiques intégrés (jeux réduits) tout en analysant l’homogénéité inter-sujets. Matériels et méthodes Dix footballeurs de Ligue 1 française (âge: 26±2.9 ans, masse corporel: 78±4.4 kg, FCmax: 195.4±4.9 bpm, et vVO2max: 17.1±0.8 km.h-1) ont effectué différents exercices intermittents (30-30 à récupération active et passive, 15-15 à récupération passive, 10-10 à récupération passive et 5-20 à récupération passive) et différents jeux réduits (1 vs. 1, 2 vs. 2, 4 vs. 4, 8 vs. 8 avec et sans gardiens et des 10 vs. 10) au cours de leurs championnats. Lors de chacune de ces méthodes d’entraînements nous avons relevé la FC au moyen d’un cardiofréquencemètre (Polar S-810) étalonné battement par battement afin d’analyser la FC de réserve (FCr) selon la formule de Karvonen. Résultats Le pourcentage moyen de la FC de réserve lors d’exercices intermittents 30-30 à 100% de la vVO2max à récupération active est significativement plus grand (Tableau 1) que lors des jeux réduits 1 vs. 1 (p<0.01), 4 vs. 4 (p<0.05), 8 vs. 8 (p<0.001) et 10 vs. 10 (p<0.01). Le 10-10 à 110% de la vVO2max présente une différence significative avec les 1 vs. 1 (p<0.05), 8 vs. 8 (p<0.01) et avec le 10 vs. 10 (p<0.05). Tandis que les réponses cardiaques lors d’exercices intermittents 30-30 à 100% de la vVO2max à récupération passive ne présentent aucune différence significative avec l’ensemble des jeux réduits ; tout comme les 2 vs. 2 et le 8 vs. 8 ne présentent aucune différence significative avec l’ensemble des exercices intermittents. Toutefois l’homogénéité des réponses cardiaques est deux fois moins homogène lors des jeux réduits comparé aux exercices intermittents avec respectivement des valeurs moyennes de coefficient de variation inter sujet de 11,8% vs. 5,9%. |  | JEUX RÉDUITS
| EXERCICES INTERMITTENTS | Exercices
| 1 vs. 1 | 2 vs. 2 | 4 vs. 4 + gardiens | 8 vs. 8 + gardiens
| 8 vs. 8
| 10 vs. 10 + gardiens
| 10-10 Ã 110% vVO2max | 30-30 Ã 100% vVO2max PR
| 30-30 Ã 100% vVO2max AR | 15-15 Ã 100% vVO2max | 5-20 Ã 120% vVO2max | | %FCr | 77.6
| 80.1
| 77.1
| 80,3 | 71.7 | 75.7 | 85.8 | 77.2 | 85.7 | 76.8 | 80.2 | CV inter-sujets (%)
| 11.1 | 10.8 | 13.8 | 15.6 | 8.8 | 10.4 | 4.5 | 5.9 | 5.3 | 5.2 | 8.5 | Discussion et conclusion Cette étude a montré que certains jeux réduits permettraient d’atteindre un niveau équivalent à celui obtenu au cours d’exercices intermittents de courte durée (Dellal et al, 2008). Les jeux réduits peuvent alors être utilisés comme une méthode d’entraînement intégrant l’aspect tactique, l’aspect technique mais aussi l’aspect physique en approchant des intensités semblables à celles d’exercices intermittents courts. Néanmoins, ces jeux réduits présentent une variabilité plus importante que celle des exercices intermittents. Cette forme de travail ne permet pas un contrôle rigoureux de l’activité des joueurs. Ainsi, en accord avec les objectifs de l’entraînement, le coach devra choisir entre un entraînement physique contrôlé (exercices intermittents) et un entraînement physique intégré plus difficilement contrôlable (jeux réduits). Références Balsom, P.D., Ekblom, B., Söderlund, K., Sjödin, B. & Hultman, E. (1993). Creatine supplementation and dynamic high-intensity intermittent exercice. Scand J Med Sci Sports, 3, 143-149. Dellal, A., Chamari, K., Impellizzeri, F., Pintus, A., Girard, O., Cotte, T., Keller, D. (2008). Heart rate responses during small sided-games and short intermittent running training in elite soccer players ; a comparative study. J Strength Cond Res, In press. Gaitanos, G.C., Williams, C., Boobis, L.H. & Brooks, S. (1993). Human muscle metabolism during intermittent maximal exercise. J Appl Physiol, 75, 712-719. Helgerud, J., Engen, L.C., Wisløff, U. & Hoff, J. (2001). Aerobic endurance training improves soccer performance. Med Sci Sports Exerc, 33, 1925-1931. Hoff, J., Wisloff, U., Engen, L.C., Kemi, O.J. & Helgerud, J. (2002). Soccer specific aerobic endurance training. Br J Sports Med , 36, 218-221. Kirkendall, D.T. (2001). Training to mimic the game : in praise of 4 v 4. University of North Carolina, Chapel. Auteur Dellal A 1, 2, 3, Chamari K 3, Castagna C, Pintus A, Ambassa S 1, 2, Girard O, Cotte T, Keller D 1, 2. 1 Laboratoire de psychobiologie du comportement moteur et des sports – Université STRASBOURG II, France 2 Centre d’étude de physiologie appliquée, CNRS, Strasbourg, France 3 Unité de Recherche « Evaluation, Sport, Santé », Centre National de Médecine et des Sciences du Sport, Tunis, Tunisie alexandredellal@gmail.com |